Les entretiens du Fundraising #4.

Rencontre avec l'Association Rêv'Elles

Pour ce quatrième épisode des Entretiens du Fundraising, nous nous sommes rendus à Pantin pour rencontrer l’Association Rêv’Elles, aujourd’hui en plein changement d’échelle.

L’occasion pour nous de revenir sur sa stratégie de développement dont le mécénat est un pilier incontournable. Rencontre avec Sine Meigney, directrice partenariats et développement de Rêv’Elles :

L’association Rêv’Elles, qu’est-ce que c’est ?

L’association Rêv’Elles est créée en 2013 par Athina Marmorat suite à plusieurs constats : les jeunes filles issues de quartiers populaires ont tendance à rencontrer plus de barrières dans la construction de leurs projets et de leur orientation de façon plus générale. Cela est dû à plusieurs facteurs : 

  • Manque d’estime de soi et logiques d’autocensure résultant en partie de leur environnement socioculturel.
  • Difficultés à identifier leurs forces et exprimer leurs rêves.
  • Manque de modèles identificatoires qui pourraient leur servir d’exemple et impacter positivement leur trajectoire.
  • Phénomènes d’inhibition en présence de garçons de leur âge dans des cadres mixtes.

©Pauline Gouablin 

Chez Rêv’Elles, on explique ces constats à travers un triple déterminisme : social, de territoire et de genre. Pour permettre de s’en affranchir, Rêv’Elles propose un ensemble de programmes innovants et gratuits à destination des jeunes filles de 14 ans à 20 ans scolarisées, en décrochage scolaire ou en recherche d’emploi.

Cet accompagnement global et dans la durée repose sur trois piliers : renforcer la confiance en soi, élargir le champ des possibles et déployer le pouvoir d’agir de ces jeunes femmes. C’est autour de ces derniers que les programmes vont s’articuler : 

  • RVL ESSENTIEL constitue la première partie de l’accompagnement notamment avec le programme phare Rêv’Elles Ton Potentiel. Le but est d’apporter connaissance et confiance en soi aux participantes.

  • Le deuxième pilier se traduit par l’offre Pro. Le but ? Permettre aux jeunes filles d’affiner leur projet professionnel en partant à la découverte des univers et des problématiques liées au monde du travail.

  • Enfin, le troisième pilier s’incarne par la communauté des femmes Rêv’Elles. À travers différents ateliers et pôles d’engagement, elles permettent aux participantes de monter en compétence et passer à l’action très concrètement.

Aujourd’hui, Rêv’Elles c’est plus de 1000 jeunes filles ayant participé au parcours Rêv’Elles Ton Potentiel et plus de 4000 jeunes filles ayant au moins participé à une activité proposée par l’association.

Retour sur la stratégie de financement de l’association Rêv’Elles :

Cet entretien a surtout été l’opportunité d’aborder la stratégie de développement de l’association. Aujourd’hui, elle repose à 70% sur des fonds privés, à 25% sur des subventions publiques et 5% sur des dons.

La prédominance du mécénat résulte d’une stratégie de financement privé qui existe depuis les prémices de l’association. L’occasion pour Sine Meigney de revenir sur ce qui fait les ingrédients de cette réussite.

Selon elle, il est primordial dans un premier temps de bien identifier les besoins de l’association. Lors du lancement d’un nouveau projet ou d’un nouveau programme, l’idée est de réussir à déterminer quels sont les besoins réels de l’association pour réussir à trouver les partenaires adéquats et éviter de s’inscrire dans une course aux financements en faisant à tout prix correspondre son projet aux critères des appels à projets.

Il est ensuite important de cibler les bons interlocuteurs. Chaque partenaire a ses spécificités. Ainsi, les connaître et s’adresser au bon interlocuteur, c’est s’offrir l’opportunité de développer un panel de partenaires tout en proposant des niveaux d’engagement adaptés à leurs profils.

Selon elle, il faut également anticiper les projets à venir pour pouvoir sonder ses partenaires actuels tout en, en démarchant de nouveaux. Cela passe notamment par la réalisation d’outils organisationnels – dossiers de présentation et budget – pour pouvoir présenter facilement les nouvelles opportunités de partenariats.

Enfin, son dernier conseil est de bien travailler sa communication et son relationnel. Développer sa visibilité et sa présence médiatique constitue aujourd’hui un réel levier de prospection. Cela permet de se faire connaître de ses futurs partenaires tout en les rassurant sur votre crédibilité et sur l’impact de vos projets.

©Pauline Gouablin 

Les bonnes pratiques des associations :

Cette conversation nous a également permis de mettre en avant quelques bonnes pratiques adoptées par Sine Meigney.

Commencer sa prospection de mécènes en faisant un benchmark. Le but est d’identifier les acteurs qui agissent dans le même domaine que votre association afin de réussir à identifier leurs partenaires financiers, qu’ils soient publics ou privés.

Travailler son relationnel et établir de bonnes relations avec ces mécènes afin de pouvoir ensuite les re-solliciter et potentiellement accéder à leur réseau.

Être au maximum dans la proactivité et l’anticipation afin d’aller chercher des financements pour les projets à venir grâce aux outils organisationnels et à votre connaissance de vos partenaires.

©Pauline Gouablin 

Et ensuite ? Comment construire et entretenir des relations solides avec ces mécènes ?

Réussir à créer des partenariats est une chose, les pérenniser en est une autre. Au cours de nos entretiens avec différents fundraisers, la question de la fidélisation est omniprésente. Pour Sine, la clef de la réussite passe par des éléments tangibles et rationnels :

Faire preuve de professionnalisme en se rendant disponible et réactive auprès de ses partenaires. Cela passe notamment par la mise à disposition d’outils opérationnels : par exemple chez Rêv’Elles, les équipes de l’association vont faire le maximum pour faciliter les procédures de mécénat de compétence en diffusant des mails types, des fiches missions, des bilans et des outils de communication.

Capitaliser sur la dimension humaine de la relation avec son partenaire en étant à son écoute, en comprenant ses enjeux ou encore en suivant son actualité. Mettre en place une bonne communication permet également au porteur de projet d’être transparent sur son projet et sa mise en œuvre.

Quel futur pour Rêv’Elles ?

Aujourd’hui, un des défis de l’association est de diversifier ses sources de financement pour davantage d’indépendance, et notamment pour mener à bien son changement d’échelle qui nécessite des frais de structure conséquents.

Il s’agit donc de : 

  • Diversifier ses ressources financières en développant la collecte de dons et en allant également chercher des fonds européens. L’objectif  est ici d’acquérir de l’indépendance en ayant moins de fonds fléchés.

  • Créer de nouvelles coalitions avec des acteurs afin de construire des projets de plus grande envergure.
 

Retrouvez l’association Rêv’Elles sur