Les entretiens du Fundraising #2.

Rencontre avec la Fondation de l'Armée du Salut

Pour cette première interview de l’année 2022, nous avons eu l’occasion de rencontrer Anne-Sophie Wellers.

Chargée de mécénat à la Fondation de l’Armée du Salut, elle revient avec nous sur son rôle d’interlocutrice auprès des entreprises mécènes. 

La Fondation de l’Armée du Salut, qu'est ce que c'est ?

L’Armée du Salut est créée en pleine Révolution Industrielle, à la fin du XIXème siècle, suite à l’initiative du pasteur William Booth à Londres. Elle va ensuite être importée par sa fille en France en 1881. 

En 2000, cette association est remplacée par la Fondation de l’Armée du Salut, reconnue d’utilité publique. Elle intervient essentiellement dans la prévention de la violence auprès des jeunes, l’éducation, la réinsertion de femmes et d’hommes et de familles en situation d’exclusion, l’insertion professionnelle des personnes handicapées et déficientes mentales ou encore l’accompagnement des personnes âgées dépendantes. 

© Fondation de l’Armée du Salut 

En 2021, la Fondation de l’Armée du Salut c’était :

  • 225 structures et services sociaux, médico-sociaux et sanitaires, implantés en France dans 32 départements et 12 régions.

  • 23 000 personnes accueillies et/ou accompagnées quotidiennement au sein de ses structures et services ou en suivi extérieur.

  • 2 600 000 journées d’hébergement pour tous publics confondus, dont 82% pour des adultes en situation de précarité, 14% pour des personnes en situation de dépendance et 4% pour des enfants et adolescents.

  • 205 millions d’euros employés pour les missions sociales. Ce sont les ressources totales collectées par la Fondation de l’Armée du Salut en 2020 (dont 19.7 millions provenant de la générosité du public et du mécénat d’entreprise).

Retour sur la stratégie de financement de la Fondation :

Cet entretien a été l’opportunité de comprendre comment la Fondation œuvrait afin de financer ses nombreux projets. 

Anne-Sophie nous explique dans un premier temps que la stratégie de mécénat n’est pas déterminée en fonction de la mission globale de la Fondation mais des besoins spécifiques de chaque projet. Ainsi c’est à partir des axes et des publics cibles des projets menés que le service mécénat entreprend d’identifier les mécènes.

Cet entretien a été l’opportunité de comprendre comment la Fondation œuvrait afin de financer ses nombreux projets. 

Anne-Sophie nous explique dans un premier temps que la stratégie de mécénat n’est pas déterminée en fonction de la mission globale de la Fondation mais des besoins spécifiques de chaque projet. Ainsi c’est à partir des axes et des publics cibles des projets menés que le service mécénat entreprend d’identifier les mécènes.

Pour les nouveaux mécènes, elle utilise différents moyens de prospection, principalement Linkedin. Elle va premièrement identifier ses besoins en matière de mécénat – financier, nature ou compétence – pour ensuite identifier le partenaire qui semble lui correspondre. Par exemple, si elle est à la recherche de kits d’urgence ou qu’elle souhaite offrir des cadeaux aux personnes dans les centres d’hébergement d’urgence, elle va identifier les entreprises en mesure de faire du mécénat en nature sur ces sujets. Grâce à Linkedin, elle va ensuite identifier un point de contact en fonction des postes et de la structuration de l’entreprise. 

Par exemple, si nous avons envie de faire des cadeaux aux enfants qu'on héberge dans nos centres d'hébergement d'urgence. Pour Pâques, on va avoir envie de leur offrir du chocolat. Je vais aller alors solliciter des entreprises qui sont dans des secteurs pour lequel le don nous intéresse et je passe par Linkedin pour identifier notre futur interlocuteur. Ça dépend vraiment des postes et ça dépend de la structuration de l'entreprise.

Cette stratégie de mécénat repose sur une idée forte : créer une relation solide avec son mécène. Ainsi, la Fondation de l’Armée du Salut a décidé de ne plus répondre aux appels à projet car cela est long et chronophage. 

Le temps libéré est donc mis à profit pour créer de nouveaux partenariats et fidéliser ceux déjà existants. Entreprendre de construire et consolider ce lien a de multiples intérêts : cela offre la possibilité de créer une relation privilégiée avec le mécène tout en lui permettant de découvrir l’ensemble des actions menées. C’est également l’opportunité de collaborer et d’amener les différents partenaires vers d’autres formes de mécénat auxquelles ils n’auraient peut-être pas pensé de prime abord. 

La Nuit de la Philanthropie organisée par la Fondation de l’Armée du Salut pour récolter des dons en faveur de leurs actions. À découvrir juste ici : https://www.lanuitdelaphilanthropie.fr/© Fondation de l’Armée du Salut 

Les bonnes pratiques de l'association :

Anne-Sophie a accepté de nous confier quelques astuces afin de mettre en place une stratégie de mécénat efficace :

  • Selon elle, il est indispensable de créer un lien avec l’entreprise mécène. Il est important que le porteur de projet soit en mesure de lui transmettre la motivation,  l’engouement, l’énergie et les valeurs de l’association lorsqu’il lui présente le projet. Cela permettra au mécène d’y adhérer et de construire une relation privilégiée vis-à-vis de ce projet. 

  • Il est également important d’inclure le mécène dans le projet – si cela est possible – en l’emmenant  sur le terrain. Cela permet de lui montrer comment le projet est mené, de lui faire rencontrer les personnes de terrain et de lui permettre de discuter avec les bénéficiaires cibles.
Amener le mécène sur le terrain pour montrer ce qu’apporte très concrètement son don permet de créer et renforcer une connexion avec ce dernier. C’est aussi offrir la possibilité au mécène de participer directement à une action solidaire et de voir l’impact que cela peut avoir sur la société. 

© Fondation de l’Armée du Salut

Quel futur pour le mécénat ?

Pour finir, nous sommes revenus sur le futur du mécénat et sur comment il serait possible de repenser les dynamiques de partenariats. 

Selon Anne-Sophie, il est important de créer plus d’espaces de rencontres, notamment physiques, entre le porteur de projet et le mécène. En effet, elle aimerait que ces temps de rencontre soient multipliés car ils permettent de créer des synergies difficiles à obtenir autrement. 

Enfin, parmi les améliorations qu’elle aimerait voir advenir, le sujet des outils utilisés par les chargé·es de mécénat a été abordé. Selon elle, il serait intéressant de développer une palette d’outils permettant que certaines tâches (notamment administratives et techniques) soient facilitées afin de libérer du temps. Cela permettrait de se concentrer sur le développement de liens forts entre porteurs de projets et mécènes. 

Retrouvez la Fondation de l’Armée du Salut sur